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Est
Républicain 28/7/2005
Jardins en teinture à Wesserling
Pour
la troisième édition du festival des jardins métissés, les
artistes ont dû plancher sur le thème de la teinture. Résultat
: huit jardins poétiques et pédagogiques au milieu du parc de
l'ancienne manufacture royale.
« Cache-cache
couleurs » : un nouveau jeu imaginé par Sandrine Ligonnet
pour le festival. Dans un dédale de grandes tentures rouges,
les curieux découvrent les recettes de teintures.
Après
la théorie : séance pratique, chacun peut tremper un carré de
tissu dans du sureau pour obtenir du rose ou dans de l'artichaut
pour les amoureux du jaune.
Au
total huit jardins contemporains ont poussé sur les quatre
jardins traditionnels.
Cette
année les plasticiens et les architectes paysagistes ont
travaillé sur la teinture. Un thème imposé par l'histoire des
lieux. Seules contraintes : mélanger les fleurs et les légumes
et prévoir dans l'installation un endroit pour s'asseoir. Car
le jardin est avant tout « un lieu de vie et de repos. Ce
n'est pas un jardin traditionnel, on peut toucher, on peut même
goûter ! » souligne Eric Jacob, directeur du site.
Un
parterre de noix
Du
coup, le visiteur peut au choix se poser une minute au soleil
sur des bidons bleus, pour « A-teindre » l'oeuvre de
Philippe Bercet. Faire une sieste à l'ombre dans les hamacs du
« Peigneur de chanvre et autres figures oubliées ».
Ou se réfugier sous une des quatre robes « d'Iridescence ».
Le
« Tapis moléculaire » est composé de coques de
noix. Le festival, comme le parc en général, mise sur
l'innovation. « Nous sommes anti-thuya ! »
s'exclame le directeur. Les noix resteront à l'entrée du
jardin potager. Ce dernier mêle subtilement des légumes et des
fleurs, en faisant revivre d'une façon originale l'histoire
textile.
Le
carré vichy succède à l'écossais. Plus de 200 variétés de
végétaux sont bichonnées par douze jardiniers et six Rmistes,
qui participent à un programme de réinsertion.
Ici,
les insecticides sont bannis, les coccinelles déclarent
naturellement la chasse aux pucerons.
Chaque
année, le festival accueille une école. Après les Arts Déco,
place au centre d'apprentissage aux métiers du paysage de
Rouffach. Dans « Les couleurs s'en-mêlent », chacun
peut s'installer dans un tourniquet rouge pour mélanger les
couleurs des végétaux de leur composition.
Les
jardins se veulent d'agrément et productifs. Les visiteurs
peuvent faire leur marché sur place ou se laisser tenter par le
restaurant. Au menu : des légumes mais aussi des fleurs du
jardin, comme la morande, une fleur rouge qui accompagne les
salades.
Le
site invite donc à partager les occupations des anciens
ouvriers paysans de la manufacture et à goûter au luxe des
jardins des patrons, réaménagés à la sauce contemporaine
pour l'occasion.
Rafaela BIRY-VICENTE
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